Divorcer en ligne : comment se déroule la procédure et quelles précautions prendre ?
Rendez-vous en visioconférence, documents transmis par un espace sécurisé, échanges par messagerie : de nombreux cabinets proposent aujourd’hui de gérer un divorce presque entièrement à distance. La formule séduit les couples qui ne vivent plus dans la même ville ou qui veulent limiter les déplacements. Elle reste pourtant encadrée par des règles précises, qu’il vaut mieux connaître avant de se lancer.
Ce que recouvre le « divorce en ligne »
L’expression désigne en pratique une seule procédure : le divorce par consentement mutuel sans juge, prévu par les articles 229-1 et suivants du Code civil depuis le 1er janvier 2017. Les époux doivent être d’accord sur le principe de la rupture comme sur toutes ses conséquences : partage des biens, résidence des enfants, pension alimentaire, prestation compensatoire éventuelle. Les divorces contentieux, eux, passent toujours par le juge aux affaires familiales. Pour les couples qui remplissent ces conditions, il est possible de suivre la procédure pour divorcer en ligne avec un avocat qui organise chaque étape à distance, de la première consultation à la transmission de la convention au notaire.
Les étapes, dans l’ordre
La procédure suit un déroulé fixé par la loi, que la démarche soit dématérialisée ou non.
Chaque époux choisit d’abord son propre avocat. C’est une obligation depuis la réforme de 2016 : un même avocat ne peut plus représenter les deux conjoints.
Vient ensuite la constitution du dossier. Livret de famille, actes de naissance et de mariage, justificatifs de revenus, relevés de comptes, titres de propriété : ces pièces sont généralement déposées sur une plateforme en ligne, ce qui fait gagner un temps appréciable.
Les avocats négocient alors les termes de l’accord et rédigent le projet de convention. Chaque époux le reçoit par lettre recommandée avec accusé de réception et dispose d’un délai de réflexion de quinze jours avant de pouvoir signer (article 229-4 du Code civil). Une signature intervenue avant la fin de ce délai expose la convention à la nullité.
Après la signature, la convention est transmise dans les sept jours à un notaire, qui la dépose au rang de ses minutes. Il vérifie le respect des formes et du délai de réflexion, sans contrôler le fond de l’accord. C’est ce dépôt qui donne effet au divorce. Il ne reste plus qu’à faire porter la mention du divorce en marge des actes d’état civil.
Pour une présentation plus détaillée du rôle de chaque intervenant, vous pouvez consulter notre article sur le divorce par consentement mutuel sans juge.
Les situations qui imposent de passer devant le juge
Deux cas excluent la voie extrajudiciaire. Le premier concerne les enfants mineurs : s’ils demandent à être entendus par le juge, la convention doit être soumise au juge aux affaires familiales pour homologation. Le second vise l’époux placé sous un régime de protection, comme une tutelle ou une curatelle.
Les précautions à prendre
Le prix affiché mérite une lecture attentive. Certains forfaits très bas ne couvrent que la rédaction d’une convention simple, sans bien immobilier ni prestation compensatoire. Demandez ce qui est inclus : nombre de rendez-vous, frais de notaire, gestion de l’état liquidatif.
Si le couple possède un bien immobilier, le partage doit faire l’objet d’un acte notarié, avec des frais qui s’ajoutent aux honoraires d’avocat.
Méfiez-vous enfin de toute offre proposant un avocat unique pour les deux époux, ou une procédure bouclée en quelques jours. Le délai de réflexion de quinze jours est incompressible, et la présence de deux avocats n’est pas négociable. Un cabinet sérieux vous le dira dès le premier échange.
