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Contrat de licence de marque : 12 clauses obligatoires à intégrer en 2026

Concéder l’exploitation commerciale d’une marque est une excellente méthode pour optimiser les actifs d’un dirigeant ou structurer la croissance d’un groupe de sociétés. Reste que le fisc scrute ces montages avec une sévérité redoutable. Le récent coup de tonnerre jurisprudentiel de l’arrêt Lancaster 2024 (CAA Paris, 15 novembre 2024, n°23PA01115) est venu balayer les anciennes habitudes des directions juridiques. Cette décision redéfinit de fond en comble les critères de validation fiscale du dispositif, surtout quand l’accord lie directement un chef d’entreprise à sa propre structure d’exploitation. L’administration ne tolère plus aucun flou : pour préserver la déductibilité des redevances, l’acte sous seing privé doit prouver concrètement sa réalité économique et sa normalité financière.

Le cadre juridique de la licence de marque

Sur le terrain légal, la mise en place de ce contrat s’appuie sur le socle des articles L.714-1 à L.714-9 du Code de la propriété intellectuelle. Concrètement, le titulaire concède temporairement l’usage de son titre déposé à l’INPI à un tiers, appelé le licencié, sans pour autant lui céder la propriété du bien. Le propriétaire conserve son titre, tandis que l’entreprise obtient le droit d’en faire l’exploitation commerciale dans le cadre de ses activités.

Lorsque le schéma implique directement le dirigeant actionnaire, la prudence juridique doit doubler d’intensitée. Cette opération bascule immédiatement dans la catégorie des conventions réglementées, ce qui impose d’activer les verrous de contrôle du droit des sociétés. Selon la forme de votre structure, il faudra suivre les procédures de contrôle et de rapport dictées par l’article L.225-38 du Code de commerce pour les SA, l’article L.223-19 pour les SARL, ou l’article L.227-10 du Code de commerce pour les SAS. Rappelons enfin qu’un tel accord exige un écrit formel sous peine de nullité absolue.

Les 12 clauses obligatoires post-Lancaster 2024

Pour mettre votre structure à l’abri et justifier la déductibilité des charges au sens des articles 38 et 39 du Code général des impôts, un contrat de licence de marque ne peut plus se contenter d’un formalisme sommaire. Il doit intégrer douze piliers contractuels précis :

En premier lieu, l’acte doit mentionner l’identification précise de la marque, incluant son numéro d’enregistrement INPI et ses classes de Nice. L’acte doit obligatoirement fixer la durée des engagements. En pratique, une période ferme allant de 5 à 10 ans s’avère la plus recommandée pour stabiliser le montage. Le territoire de concession doit délimiter précisément la zone géographique protégée. Il est également obligatoire de trancher la question de l’exclusivité ou de la non-exclusivité de l’exploitation. Le point le plus sensible concerne le montant et les modalités de la redevance : le fisc exige désormais une redevance forfaitaire cohérente, excluant toute indexation sauvage sur le chiffre d’affaires global. De plus, le contrat doit imposer une obligation d’exploitation effective au licencié pour éviter la déchéance du titre.

L’accord doit ensuite clarifier la prise en charge des renouvellements INPI au fil du temps. Le concédant doit souscrire à une clause de non-concurrence pour protéger son licencié sur la zone définie. Pour vérifier la sincérité des déclarations, l’acte doit prévoir une faculté d’audit régulier au profit du propriétaire. Pour parer à toute défaillance d’exécution, une clause résolutoire doit détailler les conditions de rupture immédiate des relations en cas de manquement aux obligations. Le texte doit également sécuriser le licencié grâce à des garanties d’usage paisible et d’éviction face aux risques de recours en contrefaçon, sans oublier de désigner la juridiction compétente pour arbitrer un éventuel conflit.

L’enregistrement INPI : étape obligatoire pour l’opposabilité

Une fois les signatures apposées au bas du contrat, le processus n’est pas tout à fait bouclé. L’article L.714-7 du Code de la propriété intellectuelle impose en effet une formalité incontournable : inscrire l’acte au Registre National des Marques. Sans cette démarche auprès de l’INPI, votre contrat n’a de valeur qu’entre vous et votre société. Il devient totalement inopposable aux tiers, ce qui offre un angle d’attaque idéal à l’administration fiscale pour rejeter l’ensemble du montage lors d’une vérification de comptabilité.

Les risques en cas de manquement

Faire l’impasse sur ces détails contractuels expose votre structure à une requalification immédiate des sommes versées en revenus distribués, assortie d’un redressement fiscal douloureux. Les auto-entrepreneurs ou créateurs soumis au régime micro-BIC doivent aussi rester sur leurs gardes, le plafond de ce statut étant calé à 83 000 euros pour l’année 2026 par l’article 50-0 du CGI. Pour avancer sans prendre de risques et sécuriser durablement vos redevances, s’entourer de professionnels experts de la matière est indispensable. Un cabinet comme RemUp, fort de 280 dossiers gérés sans aucun faux pas face au fisc, dispose du recul nécessaire pour border vos actes et pérenniser votre montage en toute sérénité.

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